« S'engager contre les oppressions, le racisme ou contre la violence ne signifie pas que l'on ne reproduira jamais des mécanismes de privilège ; cela signifie que, lorsqu'on se trompe, on est capable de le reconnaître et de réparer. » — Bell Hooks
Pendant ces trois jours, nous formons une communauté éphémère, engagée et apprenante.
Notre volonté de transformer la société ne nous rend pas immune aux dynamiques qui la traversent : racisme, sexisme, validisme, classisme, LGBTphobies, rapports de pouvoir, violences, exclusions ou humiliations. Ces dynamiques peuvent aussi apparaître dans nos espaces militants, même lorsque nos intentions sont sincères. Les réseaux sociaux amplifient ces violences pour beaucoup de créateur·ice·s de contenu qui subissent régulièrement le cyber-harcèlement et la cancel culture.
Nous voulons créer un cadre où les tensions et conflits nécessaires pour notre évolution collective peuvent être nommés, traversés et pris au sérieux, sans être évités ni minimisés. Mais nous refusons aussi que ces situations deviennent des espaces d'escalade de la violence, d'humiliation publique, de dénonciation réflexe ou de sanction automatique.
Notre cadre collectif repose sur trois principes : le consentement, la responsabilisation face à l'impact et la solidarité dans l'anti-oppression.
Cela signifie : écouter les personnes concernées, évaluer les besoins de sécurité, protéger les personnes exposées, encourager la reconnaissance des torts, chercher des réparations possibles, et prendre des mesures conséquentes lorsque le cadre collectif est menacé.
Nous savons que chacun·e arrive avec un niveau différent de conscience, d'expérience et de vocabulaire sur ces sujets. Ce cadre détaillé invite chacun·e à faire preuve d'attention, d'humilité et de responsabilité, afin que nous puissions vivre ensemble les moments puissants comme les moments plus difficiles.
L'objectif est de soutenir une culture politique exigeante : capable de prendre soin des personnes, de nommer les rapports de domination, d'apprendre de ses erreurs, et de rester tournée vers nos combats collectifs.
Pour signaler une situation, demander du soutien, être écouté·e, chercher une médiation, demander de l'aide face à un comportement oppressif ou violent, ou clarifier un malaise.
| Tish | Référence soin | +33 750 024 395 |
| Yves | Référence signalement, conflits | +33 749 016 804 |
| Barnier | Régisseur général (problèmes techniques) | +33 672 292 117 |
(en km — minutes de voiture)
« Désamorcez tous les conflits qui ne nous opposent pas à notre ennemi. » — Margaret Killjoy
Les comportements discriminatoires ou violents — racistes, sexistes, sexuels, validistes, classistes, LGBTphobes, grossophobes ou autres — causent du tort et sont à prendre au sérieux. Ils doivent être nommés et adressés dans le cadre du festival.
Mais l'anti-oppression est avant tout un mouvement de libération collective. Comment pouvons-nous nous entraîner, dans cet espace, à faire front solidaire en vue de nos objectifs partagés de faire bouger les conditions systémiques qui génèrent la domination ? Et ce malgré les désaccords, l'ignorance, la souffrance et la polarisation des débats qui perpétuent nos conflits interpersonnels.
Notre intention est de construire un espace où l'on ne laisse pas les personnes minorisées porter seules la charge du soin, de l'éducation, de l'alerte ou de la réparation.
Cela implique de faire attention à la manière dont se répartissent :
Qui parle beaucoup ? Qui est interrompu·e ? Qui est cru·e spontanément ? Qui doit se justifier ? Qui prend soin des autres ? Qui nettoie, range, apaise, traduit, explique ?
Nous valorisons les vécus des personnes directement concernées, sans les enfermer dans ce rôle. Elles n'ont pas à représenter tout un groupe, à automatiquement parler en tant qu'expertes, ni à porter la charge d'éduquer les autres sans leur consentement.
Par exemple : lors d'une table ronde, une personne minorisée peut parler de politique, de stratégie ou de création de contenu sans être ramenée automatiquement à son identité ou à son oppression. Pour une interview, une story ou un récap, j'évite les raccourcis du type « la personne noire sur le racisme » ou « la personne voilée sur la religion ». Je demande comment elle souhaite être présentée et sur quels sujets elle veut s'exprimer.
Le consentement est une pratique continue qui permet de coopérer malgré nos différences de perception, de pouvoir, de statut ou de visibilité.
Il ne concerne pas seulement les relations physiques ou sexuelles. Dans un festival d'influenceur·euses, il concerne aussi la confidentialité, l'image, la captation, la diffusion de contenus, les discussions sensibles et les rapports de pouvoir.
Un consentement juste est :
La responsabilisation n'est pas une punition. C'est une pratique d'intégrité, de soin et de réparation. Elle signifie que je prends au sérieux l'impact de mes actes, paroles, oublis ou attitudes, même lorsque mon intention n'était pas de blesser.
Pendant le festival, je m'engage à :
Nous reconnaissons la complexité du préjudice et savons que les auteur·ices de préjudices peuvent être des survivant·es et que les survivant·es peuvent être des auteur·ices.
Reconnaître les oppressions vécues par les personnes minorisées ne les place pas hors du champ de la responsabilité. Tout le monde peut se tromper, causer du tort, apprendre, reconnaître, réparer et être invité à la responsabilisation avec dignité et équité.
Que je sois la personne blessée, témoin, mise en cause, ou tout à la fois : l'équipe Soin & Oppressions Systémiques peut soutenir ce processus : écoute, clarification, médiation, recherche de réparation, ou décision de mesures de protection.
Avant d'aller vers une dénonciation publique ou une escalade, je peux :
Être témoin, ce n'est pas devenir juge. C'est contribuer à la sécurité et au soin du collectif.
La confidentialité sera respectée. Elle pourra toutefois être levée si un danger nécessite d'agir pour protéger une ou plusieurs personnes.
Le festival ne tolère pas :
Selon la situation, l'équipe pourra proposer une médiation, demander une réparation, poser une limite claire, organiser une mise à distance temporaire, retirer un contenu diffusé, ou demander à une personne de quitter l'événement si sa présence crée un risque pour la dignité, la sécurité ou l'intégrité d'autrui.
En cas de signalement ou de situation difficile, l'équipe Soin / OpSys cherchera à :
Notre priorité : prendre soin des personnes, mettre les personnes impactées au centre du processus, éviter l'escalade, soutenir la responsabilisation, et maintenir un espace politique exigeant, digne et vivant.
Si vous avez besoin de signaler un incident, vous pouvez nous contacter :